« Une organisation qui ne fait que résoudre des problèmes devient experte… pour produire des problèmes. »

coach professionnel devant l'ordinateur

C’est un paradoxe que l’on observe très souvent dans les organisations.

Dans beaucoup de comités de direction, d’équipes projet, ou même dans des collectifs très engagés, lorsqu’une difficulté apparaît, le réflexe est presque immédiat :

agir. corriger. réparer.

Et d’une certaine manière, ce réflexe est valorisé.
Les personnes capables de trouver rapidement des solutions sont souvent perçues comme efficaces, opérationnelles, fiables.

Mais un phénomène plus subtil peut s’installer.

À force de répondre systématiquement à la question :

« Comment résoudre ce problème ? »

on cesse peu à peu de poser une autre question pourtant essentielle :

👉 « Pourquoi ce problème apparaît-il ? »


Le piège du mode “réaction”

Quand un collectif fonctionne en permanence dans la résolution rapide :

  • les mêmes problèmes reviennent régulièrement
  • les discussions basculent immédiatement dans l’action
  • l’urgence devient la norme
  • l’opérationnel prend toute la place

L’équipe devient très compétente pour réagir.

Mais elle développe rarement le temps et l’espace nécessaires pour observer le système qui produit les situations.

Et c’est là que se joue quelque chose de déterminant.

Car dans bien des cas, un problème n’est pas seulement un incident à résoudre.

C’est souvent un signal du fonctionnement du système.


Le niveau individuel dans le collectif

Ce mécanisme ne concerne pas seulement les organisations.

Il existe aussi à l’échelle individuelle dans un groupe.

Lorsqu’une tension apparaît, par exemple dans une réunion ou dans un projet, chacun peut être tenté de :

  • se justifier
  • expliquer
  • corriger immédiatement la situation
  • défendre sa position

Tout cela peut donner l’impression que l’on traite le problème.

Mais parfois, la question la plus féconde serait simplement :

Qu’est-ce que cette situation révèle de notre manière de fonctionner ensemble ?


Deux façons d’apprendre

Certaines organisations deviennent très efficaces pour résoudre des problèmes.

D’autres développent progressivement la capacité de comprendre ce qui génère les problèmes.

Dans le premier cas :
on améliore la vitesse de réaction.

Dans le second :
on améliore la qualité du système lui-même.

Et c’est souvent à cet endroit que commence une forme de maturité collective.


Peut-être que la question la plus importante n’est pas toujours :

« Comment résoudre le problème ? »

Mais parfois simplement :

« Qu’est-ce que ce problème essaie de nous montrer sur notre manière de fonctionner ? »

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